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Le personnage !

Les fondements > Ste Hildegarde
Sainte Hildegarde de Bingen
 
La médecine de Ste Hildegarde de Bingen, cette bénédictine du 12e siècle, est à la mode !
=> Une véritable pharmacopée complexe à base de plantes,
=> Une diététique où l’on retrouve, entre autres, les aliments de la joie,
=> Des saignées à pratiquer de manière rituelle en fonction de la lune
=> Diverses mesures d’hygiène : peau de blaireau, feu avec du bois de hêtre etc. …
Toutes ces pratiques sont intéressantes et plus ou moins efficaces. Mais est-ce bien la médecine de Ste Hildegarde ? Les moines de son époque pratiquaient tout cela. Ils étaient d’ailleurs chargés de l’entretien des jardins botaniques, et les monastères disposaient d’une salle pour recevoir les malades et d’une pièce pour les saignées.

Par ailleurs, les récits de sa vie la montrent guérissant par mode de miracle, comme Jésus-Christ, et jamais en prescrivant des herbes ou une certaine diététique ! "Une si puissante grâce de guérison émanait de la bienheureuse vierge, que presque aucun malade ne s’approchait d’elle sans qu’il fut immédiatement guéri !" (La vie de Ste Hildegarde par les moines Théodoric et Godefroy, contemporains de la sainte).
 
La phytothérapie et la diététique attribuées à Ste Hildegarde ont donc, semble-t-il, une autre origine. Et le message de Ste Hildegarde va bien au-delà de quelques recettes – aussi judicieuses soient-elles.

La vie de Ste Hildegarde de Bingen
Ste Hildegarde est enfermée au couvent à 7 ans à la suite de Jutta, sa préceptrice de 13 ans ! Et elle prend officiellement le voile à 14 ans. Cette entrée au couvent n’est pas un acte libre et désiré de sa part. Elle est la dixième enfant de ses parents : elle fait donc partie de la dîme dont ils s’acquittent vis-à-vis de l’Église. Ses parents la traitent comme un « objet ». Quel ressenti a pu avoir une enfant si jeune ? Quelles furent ses pensées ? Imaginez un instant que ce soit votre petite fille…

Jutta, elle, avait « choisi » … et elle avait 13 ou 14 ans.

Mais la petite Hildegarde n’est pas une enfant comme les autres.
Depuis mon enfance, alors que mes os, mes nerfs et mes veines n’avaient encore aucune force, et jusqu’à ce jour bien que j’aie dépassé les soixante-dix ans, je vois toujours cette vision dans mon âme. Quand il plaît à Dieu, mon âme monte dans cette vision sur les hauteurs du firmament et dans un air nouveau. Elle se répand au milieu des peuples divers bien qu’habitant des régions et des pays fort éloignés de moi. Et moi donc, voyant ces choses ainsi dans mon âme, je les contemple aussi selon les vicissitudes des atmosphères et des autres créatures. Je ne les entends pas par les oreilles extérieures, je ne les perçois pas avec les pensées de mon cœur, ni par le concours d’aucun de mes cinq sens, mais seulement dans mon âme, les yeux extérieurs restant ouverts de telle sorte que jamais l’extase ne les a fermés. Je vois ces choses dans l’état de veille, le jour comme la nuit…

Et puis voilà que Dieu demande un jour à Hildegarde d’écrire ses visions…
Plus tard, Il lui demande de sortir du couvent pour aller prêcher !
Cette femme humble et simple – dépourvue de toute culture – est sans cesse confrontée à l’infini des révélations et des ordres divins : « Que diront les gens lorsqu’une femme peu instruite se présentera pour prêcher ta divine parole ? C’est à peine si je sais tenir un crayon ! Ils diront que je suis folle, tout simplement… Je ne le peux pas. Je vais me taire. »
 
Sa vie toute entière est une sorte de valse-hésitation entre un sentiment de dévalorisation face aux responsabilités qui lui sont confiées – ce qui va se traduire par des poussées de sclérose en plaques – et une santé surnaturelle associée à une assurance – voire un toupet – extraordinaire.
Ainsi, après avoir fondé le couvent de Rupertsberg et y avoir entraîné les religieuses dont elle était la Mère supérieure, les moines de l’ancien couvent refusent de donner aux religieuses leurs parts d’héritage, et un directeur de conscience. Dieu demande à Hildegarde de se rendre à l’ancien couvent pour y affronter les moines. Mais elle hésite, laisse passer du temps … et se retrouve une fois de plus paralysée !
Lorsqu’elle se décide enfin à obéir, soutenue à bout de bras par les religieuses, elle se hisse sur un cheval et retrouve sa mobilité, ses forces et sa joie en chemin. Elle arrive chez les frères, saute de son cheval comme une jeune fille, va tout droit chez l’abbé et exige une réunion générale dans la salle du chapitre.
Et là, elle tonne :
La Lumière éclatante dit : « Tu dois régner en père sur notre prieur (le confesseur des religieuses) et sur le bien-être du jardin mystique de mes filles. Mais les biens qu’elles ont apportés au couvent ne t’appartiennent pas, ni à toi, ni à tes frères. » Si quelques-uns d’entre vous ont l’indignité de proposer qu’on nous prive de notre part d’héritage, la Lumière éclatante dit que vous agissez en voleurs et en brigands. Mais si vous voulez de plus nous prendre notre prieur et notre directeur de conscience, vous êtes comme les fils de Bélial et n’avez pas le moindre sens de l’honneur. Dans ce cas, le châtiment de Dieu vous anéantira.
Bien sûr, l’abbé ne peut que céder…

F. Bachelard, prieur de Saint Julien, confirme qu’elle n’a jamais appris à écrire et à prêcher, encore moins à le faire avec l’éloquence et la force d’un raisonnement divin. "Elle le fit pourtant de manière si admirable, si extraordinaire !".
 
Elle n’a pu écrire elle-même puisqu’elle n’avait pas appris à écrire ! Elle a dicté ses livres à son directeur de conscience. Et si ses livres décrivent ses visions et tentent de les expliquer, il nous faut bien comprendre que le message de la sainte ne se limite pas aux écrits. Sa vie toute entière est enseignement. Elle nous ramène à la vraie sagesse ! Celle que le Créateur propose, qui est une invitation à l’amour : une folie pour la logique humaine. Et elle nous introduit dans la psychosomatique des siècles avant l’émergence de ce paradigme.
 
Jusqu’alors, pour le commun des mortels, les douleurs et la paralysie sont interprété comme des « punitions divines »… Oui, mais alors, où se trouve la liberté de la créature humaine ? Si le Créateur était un père fouettard plus ou moins sadique, qu’en est-il de la dimension d’amour que prêche l’Évangile ?
"Quelle est la joie du véritable amour, sinon d'être une rencontre intérieure, si délicate, si respectueuse, si agenouillée et si silencieuse qu'aucune contrainte n'est imaginable. Car, dès que la contrainte entre dans l'amour, l'amour est dévasté". (Maurice ZUNDEL, La joie de l’amour).

Ste Hildegarde nous renvoie tout au long de ses écrits à la dimension maternelle de Dieu.
 

Elle rend sa véritable place à la femme, elle fait l’éloge de la chasteté – qui n’est pas l’abstinence sexuelle mais l’amour humain vécu dans le respect, la conscience, la liberté et l’oblation réciproque – et de l’exercice de toutes les vertus !
 
Sa Sclérose en Plaques était sa soupape de sécurité, un mécanisme psychosomatique visant à la délivrer de l’acuité de son stress : comment oser outrepasser la place dévolue aux femmes à son époque ?
Elles venaient d’être dépossédées de la médecine. Toutes les sages-femmes et autres sorcières guérisseuses étaient passées sur le bûcher de l’inquisition. Le culte de Marie permettait d'idéaliser une femme irréelle et de jeter ainsi les bases de l'alternative : vierge-et-martyre ou prostituée-tentatrice.
C’est à croire que les Pères de l'Église s’étaient donné le mot pour justifier leur prise de pouvoir : comme Tertullien qui les traine dans la boue : “Femme, tu devrais toujours porter le deuil, être couverte de haillons et abîmée dans la pénitence, afin de racheter la faute d'avoir perdu le genre humain. Femme, tu es la porte du diable. C'est toi qui a touché à l'arbre de Satan et qui, la première, a violé la loi divine”. Mais que dire alors de ces hommes qui ont accepté sans réfléchir l’invitation de la femme à goûter de ce fruit si désirable ?

 Ce n’est seulement qu’à partir du XIVe siècle qu’un courant prophétique se développa dans lequel les femmes jouèrent un rôle important. Elles sortirent alors de l’ombre.

Auparavant, seule Ste Hildegarde a pu réaliser cet exploit. Pour l’époque, qu’une femme prenne la parole en public est donc vraiment un évènement inouï. À moins d’être en fusion avec Dieu, il lui était impossible de tenir des discours de la sorte ! Et c’est ce que va faire Ste Hildegarde en courant la campagne et en prêchant partout où Dieu lui en donne l’ordre.
Par exemple, pour parler du manque de bonnes œuvres des autorités ecclésias-
tiques locales :
Moi pauvre créature qui manque de santé, de force, de culture, j’ai perçu dans la lumière mystérieuse de mon authentique vision les paroles suivantes destinées au clergé de Trèves :
"Les docteurs et les magistrats ne veulent plus souffler dans les trompettes de la justice, c’est pourquoi l’aurore des bonnes œuvres a disparu pour eux. Même le vent de midi de la vertu, habituellement si chaud, semble s’être figé en froidure hivernale dans ces hommes. Car il leur manque les bonnes œuvres réchauffées par l’ardeur de l’Esprit Saint ; ils sont desséchés car la viridité leur fait défaut. Le couchant de la miséricorde s’est transformé en un sac de crin."
Si vous ne rachetez pas vos péchés en faisant pénitence, les ennemis viendront et châtieront la ville sans ménagement.
Ses prêches tiennent les foules en haleine ! Et lorsqu’elle court ainsi les routes en liberté, sa santé est parfaite … comme par hasard !

 
Oui, Ste Hildegarde est un cas… Non seulement elle est un exemple typique de sclérose en plaques, non seulement elle est une visionnaire et une prophétesse extraordinaire, mais elle est en plus une véritable spécialiste de la guérison « intérieure » par la foi et la spiritualité, au travers de la dimension psychosomatique … avec neuf siècles d’avance. C’est ce que le premier livre de Brigitte Scohy va nous faire découvrir.
La deuxième partie de ce premier livre reprend les principaux éléments de la phytothérapie attribués à la sainte, assortis d’une étude des pratiques d’antan et de l’homéopathie d’aujourd’hui.

Le second volume aborde la cosmologie et la spiritualité de Ste Hildegarde. Après six années de recherches et d’approfondissement, Brigitte Scohy nous propose un essai sur le message prophétique et salvateur de la sainte en lien avec de nombreuses traditions ancestrales.
Son livre nous donne toutes les clés qui permettent d’accéder à une véritable guérison, physique, psychologique et spirituelle. Le tableau récapitulatif présenté dans la rubrique suivante fait le lien entre la sensibilité de certaines vertèbres et le travail spirituel qui nous est proposé ici et maintenant. Bien sûr, il est essentiel de se reporter aux chapitres correspondants du livre pour bien en mesurer la teneur.
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