VIE SPIRITUELLE
La composante spirituelle fait partie intégrante de notre méthode.
Il est toutefois fondamental de préciser que sa mise en œuvre s'effectue dans le respect des croyances et des convictions de chacun, ainsi que dans un esprit d'ouverture aux religions et philosophies autres que chrétiennes.
La foi à déplacer les montagnes
Quitter dolorisme et masochisme !
LA FOI A DEPLACER LES MONTAGNES
Nous avons encore du travail à faire pour gai rire.
Il y a 2.000 ans, un certain Jésus Christ, grand spécialiste des guérisons, expliquait que si nous avions un tout petit peu de foi, de la taille d’un grain de sénevé, nous pourrions déplacer des montagnes. Et Il avait raison… Et nous le voyons mis en pratique tous les jours.
Tous les jours, il y a des gens qui meurent parce que le docteur Untel – ou mieux le professeur Machin-Chose – lui a expliqué, avec parfois en plus quelques statistiques irréfutables à l’appui, que sa maladie était incurable et qu’il ne lui restait que tant de temps à vivre.
Ça peut d’ailleurs marcher aussi dans l’autre sens, quand tel ou tel charlatan ou guérisseur promet la guérison avec suffisamment d’assurance. En appuyant son affirmation d’une « ordonnance » pour un régime inhabituel ou pour tel ou tel produit miracle. Comme ce couple installé en Espagne, juste derrière la frontière, et qui, selon le « très sérieux » rapport de la Milivudes en cette année 2011, guérirait ses patients avec du jus de citron ! Il est probable qu’il doit écouler sa propre production de citrons ? Hé oui, quand on veut voir quelques dé-lires, on les voit ! Basta, laissons ces gens raconter leurs fadaises et revenons à notre propos.
Nous n’avons pas encore pris la mesure de la puissance de notre foi.
Nous n’avons pas encore compris que toute guérison – comme toute mort, comme toute naissance – suppose un miracle. Et que, pour ce qui nous concerne, ce miracle est fonction de notre foi.
Bien sûr, pour guérir, il nous faut apprendre à nous libérer des préjugés. Il nous faut « digérer » les émotions trop difficiles, trop lourdes. C’est un travail de base… Mais il nous faut aller plus loin. Il nous faut découvrir la puissance de notre foi et la retourner, la « convertir ». Cette conversion fait partie du lâcher prise.
Il est clair que pour le moment, nous croyons encore trop aux messages délivrés par les prétendus spécialistes humains. C’est plus facile. Ils sont à notre échelle, à notre niveau, nous les voyons avec nos yeux de chair, nous les touchons lorsqu’ils nous serrent la main ou nous palpent, nous les écoutons avec nos oreilles humaines. Ils semblent sérieux, efficaces, compatissants. Ils ont leurs statistiques à l’appui :
– Mais non, personne n’a jamais vu un parkinsonien guérir PUISQUE le cerveau a perdu la capacité de fabriquer la dopamine.
– Un diabétique ne peut pas guérir puisque le pancréas ne fabrique plus d’insuline. Ah bon ? Ce ne serait pas plutôt parce que le pancréas fabrique trop de glucagon sur ordre du cerveau pour résister à quelque chose qui ressemble à un bras de fer ? Mais ces médecins officiels ne dosent pas le glucagon, ils sont tellement dans leur certitude que le diabète provient d’un problème d’insuline. Et s’ils en trouvent en quantités suffisantes, ils vous rétorqueront que votre système immunitaire rend cette insuline inefficace.
– Un cancer ne peut pas guérir sans le protocole classique de chimio, radiothérapie et mutilation.
– La sclérose en plaques ne peut évoluer que vers l’aggravation inexorable…
– La vieillesse est inéluctable, il faut l’accepter !
Et tous leurs messages « nocebo » (négatifs, le contraire de placebo) s’inscrivent dans notre mental et dans notre esprit … alors, sagement, nous mettons en œuvre le miracle de l’évolution qu’ils nous prédisent.
Mais curieusement, en même temps, nous ne croyons pas aux miracles. C’est ça qui est étonnant. Selon nous, l’évolution de la maladie qui nous accable se fait en fonction du pronostic médical qui nous a été asséné. Mais cette évolution est normale, « physiologique », nous devrions dire plutôt « physiopathologique », et surtout : inéluctable. Elle ne relève en rien du miracle. Nous sommes comparables à une voiture ou une quelconque machine dont il faut parfois changer telle ou telle pièce : une courroie (ligament), une valve, un tuyau (artère, veine, tube digestif). Il faut parfois désobstruer un circuit (athérosclérose)… Nous pourrions allonger cette liste presque à l’infini. Les pièces sont usées, elles cassent… Et si elles cassent avant d’être usées, c’est qu’il y avait un défaut, une paille qui s’était logée au cœur du métal lors de la fabrication. Par ailleurs, qu’une voiture soit bonne pour la casse après des années de bons et loyaux services, ou à la suite d’un accident : rien de plus normal.
Monsieur Pasteur, nos médecins (ils sont à nous, ils sont bien de chez nous) et nous-mêmes avons tout simplement oublié quelque chose : la VIE ! Et c’est bien normal puisque notre monde d’aujourd’hui nie la réalité des microzymas omniprésents dans toutes les formes de vie. C’est normal puisque notre monde d’aujourd’hui nie la réalité de l’ESPRIT et sa puissance créatrice à l’origine des microzymas et de la vie.
Et pourtant. Une simple lentille installée sur un peu de coton mouillé avec de la lumière et de la chaleur n’est-elle pas à l’origine d’un véritable miracle ? La vie ne serait que le simple déplacement de pièces mécaniques les unes par rapport aux autres pour assurer la croissance et le mouvement ? Viendra-t-il un jour où nous deviendrons moins stupides, moins aveugles ?
La VIE est miracle. Elle est MIRACLE PERMANENT.
Nous en avons des preuves tous les jours sous nos yeux. Nous avons des signes. Comme cette lentille. Comme toute germination. Comme la danse des microzymas que l’on peut observer au microscope. Comme la naissance d’un bébé. Comme cette femme parkinsonienne qui retrouve un fonctionnement normal pendant quelques heures avant de replonger dans l’inexorabilité de sa maladie. Comme cette personne atteinte de sclérose en plaques qui marche normalement vers sa cuisine parce qu’elle a oublié quelque chose là-bas et, surtout, parce qu’elle a oublié un instant qu’elle était paralysée…
Comme dans la chanson* de Jacques Brel : nous n’aimons point les réveils de notre cœur déjà vieux ! Est-ce que nous ne serions pas déjà morts d’une certaine manière ?
Quand la Bible raconte la création et qu’elle parle de la chute – c'est-à-dire de l’irruption du doute et de la peur dans le cœur de l’homme, cet être spirituel appelé à vivre l’amour au plus haut niveau – elle mentionne que, de ce fait, l’homme mourra ! La mort devient une punition aux yeux des humains, alors qu’elle ne devrait être qu’un accouchement. Le doute et la peur ont déformé notre regard, ils ont fait de nous des aveugles volontaires. Nous le savons pourtant bien, la mort n’est pas une mort, mais une naissance à une autre dimension. C’est le doute et la peur qui nous la font redoutable. C’est la perte de la dimension spirituelle qui fait de notre vie et de nos maladies une mort au ralenti, une désespérance que l’on ne peut oublier un instant que devant les clowneries de la télé, dans l’illusion de la propriété privée et de la richesse, dans l’alcool ou dans la drogue…
Nous existons … mais nous avons oublié de VIVRE !
Que faut-il faire pour retrouver la foi en la Vie, en la puissance de l’Esprit, en la possibilité de guérir ?
Que faut-il faire pour croire aux miracles dans le sens positif et non plus en « nocebo » ?
Que faut-il faire pour croire à la vie, pour croire à la guérison, pour laisser grandir en nous la foi ?
Nous avons besoin d’autorité.
Comment un individu peut-il se passer de cette « autorité » dès lors qu’il est affaibli par la maladie, par la réalité du doute et de la peur en lui, par le matraquage médiatique presque toujours totalement négatif ?
Et c’est peut-être là que nous avons encore à réfléchir et à approfondir notre « position » d’accompagnateurs. Nous voulions rendre au malade l’entière responsabilité de sa guérison. Mais nous n’avions pas pris la mesure de sa détresse et de son désarroi. Détresse et désarroi qui sont encore majorés par la multiplicité des solutions alternatives proposées de par le monde et par la rigueur et la dureté des messages nocebos émanant de la médecine officielle. C’est vrai que ce n’est pas évident, lorsqu’on se trouve diagnostiqué « cancéreux », de savoir à quel « saint » se vouer !
Jésus, de son temps, parlait avec autorité. Et Il guérissait les malades de par son autorité … qui leur redonnait foi en la vie.
Quel doit être le comportement de l’accompagnateur ? Faut-il qu’il redevienne « thérapeute » ? Faut-il qu’il prenne le titre de « maître » ou de « professeur » et se comporte en gourou ? Notre époque aurait besoin d’un nouveau « Messie » ? Je ne le crois pas, nous risquerions de sombrer dans le despotisme. La marge est étroite entre autorité et despotisme.
Aujourd’hui, ce sont NOS médecins – et mieux NOS professeurs, les plus prestigieux, les plus prétendument compétents – qui semblent, presque seuls, disposer de l’autorité, et qui engendrent de ce fait le miracle de l’inexorabilité du pronostic fatal. Et ces gens nous précipitent vers la mort, l’anéantissement, la désespérance. Le tout est relayé par internet bien sûr. Notre Sainte Déesse Télé est confortée de plus en plus par ce nouveau média.
Comment pourrions-nous guérir si nous croyons en eux plutôt qu’en la Vie et au Créateur, si nous induisons par notre foi le miracle inéluctable de la vieillesse et de la mort ? La médecine officielle moderne a fait de nous de simples machines plus ou moins sophistiquées. Et les philosophies orientales viennent s’additionner à tous les ésotérismes occidentaux pour occulter l’intelligence créatrice sous-jacente à la vie. La controverse de la génération spontanée fut un grand débat public et passionné au 19e siècle. Aujourd’hui, il semble que ce débat soit clos. On n’en parle plus, on l’admet. Il nous est assené jour après jour de manière implicite par les films, les médias divers, les médecins et les grands professeurs en tous genres.
Tous les médecins sont maintenus prisonniers de leurs études (bachotage, compétition effrénée) par la nécessité de rentabiliser à tout prix une profession qui se trouve dans le collimateur du fisc et des assurances sociales. Ils n’ont plus le temps – le loisir – de réfléchir, de penser par eux-mêmes. L’ESPRIT qui les habite est relégué aux oubliettes. Comment expliquer autrement tous ces contes de sorciers à dormir debout : les virus, les prions, l’immunité, les métastases ? Que faudra-t-il pour qu’ils se réveillent ? Quel tremblement de terre, quel tsunami ?
Et je parle en connaissance de cause puisqu’il m’a fallu à moi le tsunami de la radiation à vie et de la perte de mon métier pour me réveiller enfin et me permettre de chercher et de commencer à comprendre. Et je peux l’affirmer aujourd’hui haut et fort : il n’y a pas de système immunitaire, les virus comme les prions n’existent pas, n’ont jamais existé. Et le délire des métastases est d’une sottise incommensurable : ça ne tient pas la route, ça ne résiste pas au bon sens le plus élémentaire. Alors bien sûr, certains me demandent de prouver mes affirmations. Alors qu’eux-mêmes sont incapables d’apporter la moindre preuve de tous ces délires. Alors que trois journalistes professionnels, équipés de tout le matériel moderne (caméra, prises de son etc.) sont incapables d’accepter la réalité des microzymas qu’ils ont vu danser sous leurs yeux sur la lame du microscope et qu’ils ont filmés !
La vie ne peut pas s’expliquer par le délire de la génération spontanée. Elle est infiniment trop complexe et sa réalité sous-entend nécessairement une intelligence créatrice et toute puissante ! Et l’information créatrice est d’abord et avant tout VERBE, LOGOS.
Et c’est vrai aussi à notre niveau limité de créature confrontée à la maladie et à la mort : la guérison ne peut se passer de la verbalisation. C’est cela que nous devons comprendre. Et si nous observons l’évolution du christianisme primitif, nous ne pouvons que constater que la PAROLE est indissociable des guérisons ! Le christianisme n’est pas à l’origine une religion, le Christ lui-même n’a cessé de récuser la religion de son pays… Mais le Christ a guéri, ses apôtres ont guéri, les premiers chrétiens n’ont pas cessé de faire des guérisons, tous les saints ont guéri par mode de miracle comme le Christ… Et l’expansion de ce mouvement de guérison qu’est le christianisme n’a pu se faire que parce que les miraculés ont témoigné, ils ont parlé, ils ont « gueulé » en quelque sorte leur certitude, leur enthousiasme et leur joie !
Et je pense que c’est là que se trouve la clé.
Pour légitimer une autorité guérissante sans aliéner la liberté du malade et sans sombrer dans un despotisme inacceptable, nous devons passer par le témoignage, les témoignages.
Alors je fais appel à vous tous, amis lecteurs, amis guéris !
Venez témoigner sur notre site, dans notre revue. Venez témoigner lors de nos prochaines manifestations, congrès, salons...
LA PAROLE DU TÉMOIN est la seule aujourd’hui à pouvoir contrebalancer les délires de la médecine officielle !
Le TÉMOIGNAGE doit clôturer tout processus de guérison. C’est d’ailleurs cette pratique que retrouve aujourd’hui à juste titre le renouveau charismatique chez les chrétiens…
Alain SCOHY
Quitter
DOLORISME et masochisme !
(En terre chrétienne)
Article publié dans la revue 58
La vocation de l’homme
Après notre prochaine “mort-naissance” (1) – voir revue 52 – nous serons invités à entrer dans un “face à face” d'amour avec Dieu. Un face à face où Dieu se donnera à nous et où nous nous donnerons à Dieu en toute liberté, en toute conscience et sagesse. Dieu y respectera infiniment et éternellement notre identité et notre liberté. C'est ce que les chrétiens nomment “le Royaume” !
C'est quelque chose de très mystérieux qui nous attend là compte tenu de la disproportion fantastique – voire terrifiante – entre ce que nous sommes et ce qu'est Dieu. Ce ne sera possible que par un mécanisme de greffe sur Jésus-Christ, véritable Fils unique de Dieu, engendré en Dieu avant les temps et incarné parmi nous il y a 2000 ans… C'est ce mécanisme de greffe qui nous élèvera à la dignité incommensurable de “fils de Dieu”. Nous ne serons plus simplement des créatures ! Et beaucoup de théologiens nous disent que les anges nous envient… Ce qui est sûr, c'est que tout cela se fera en pleine lumière, en pleine conscience et en pleine intelligence !
Et le plus incroyable, c'est que nous sommes invités dès maintenant à vivre ce dialogue d'amour avec Dieu. Non pas, certes, dans la vision face à face et en pleine lumière, mais dans le brouillard et l'obscurité de ce monde en décrépitude ! Le Christ nous l'a dit clairement il y a 2000 ans : Le Royaume est déjà là, il est déjà en nous – comme une graine prête à germer. Ce dialogue d'amour est donc déjà d'actualité, dans notre monde, malgré notre conscience partielle et notre intelligence limitée !
Les sur-doués de la conscience
Certains acquièrent en effet, dès cette vie, une conscience et une intelligence suffisante pour répondre de manière très profonde et très sérieuse – peut-être définitive ? – à l'invitation de Dieu…
– Ils ont alors la liberté de devenir des saints…
– Ils ont aussi la liberté de refuser le dialogue d'amour et d'expérimenter l'enfer dès ici-bas… Un enfer curieusement doré, d'ailleurs… Tout leur réussit, ils sont riches, en bonne santé, personne ni quoi que ce soit ne se met en travers de leur chemin. Au Moyen-Âge, on disait qu'ils avaient fait un pacte avec le Diable. Et il est normal que rien ne leur arrive de négatif, puisqu'ils sont parvenus à une conscience suffisante pour faire un choix présumé définitif… respecté par Dieu !
Bien sûr, l'enfer est aussi “souffrance”, mais sur un autre plan. Voilà encore quelque chose de bien délicat à comprendre. Nous l'avons déjà dit et redit, le Dieu chrétien est un dieu d'amour. Et c'est Lui qui a tout créé. D'une certaine manière, la création toute entière est une émanation de Dieu. Elle est entièrement pétrie de cet amour qui caractérise Dieu. Les théologies parlent ici de “présence d'immensité” ! C'est vrai pour l'énergie, pour la matière et pour la totalité des créatures vivantes. Même les pierres, d'une certaine manière, sont pétries d'amour ! Alors, un être vivant qui refuse librement et consciemment l'échange d'amour oblatif avec Dieu s'expose à un effroyable combat intérieur, parce qu'il se coupe, de ce fait, de ce qu'il est au plus profond de son être. C'est pourquoi les artistes du Moyen-Âge représentaient l'enfer par des flammes éternelles.
Cette définition même de l'enfer nous démontre une réalité trop méconnue aujourd'hui : Dieu n'est pas sadique avec nous ! Ce n'est pas Lui qui veut nous faire souffrir dans ce monde ou en enfer. Pourquoi le voudrait-Il dans la mesure où Il nous aime ?
Participer au salut des hommes ?
Les églises chrétiennes occidentales cultivent souvent un certain dolorisme (2)… Une curieuse hérésie qui raconte plus ou moins clairement que la souffrance humaine viendrait parachever le salut que nous apporte le Christ.
C'est oublier que le Christ est d'abord et avant tout le VERBE de Dieu, Dieu engendré en Dieu, par qui toute la création s'est réalisée. Il est donc infini ! Il n'est nul besoin d'aller compléter quoi que ce soit à son œuvre de salut…
Cette attitude est orgueilleuse, elle nie la puissance de Dieu et nous hisse au rang de sauveurs de Dieu lui-même ! Elle fait de nous de prétendus imitateurs héroïques … et nous oublions tout simplement que Jésus Christ n'a pas joué au héros pour porter la croix.
Regardons Le supplier son père d'écarter cette “coupe”. Regardons Le suer des larmes de sang dans le Jardin des Oliviers dans l'attente de son supplice ! Regardons Le s'écrouler par trois fois sur le chemin du Golgotha. Regardons Le, incapable de porter la croix, seul, jusqu'au lieu du supplice… Regardons Le ressentir l'abandon de son Père une fois sur la croix, parce qu'Il n'a pas voulu tricher et qu'il a vécu la souffrance dans sa chair humaine jusqu'au paroxysme ! Non, Il n'a vraiment pas été “héroïque”, Il s'est plutôt montré “lamentable”, comme la plupart d'entre nous face à la souffrance !
C'est oublier aussi que ce ne sont ni la croix, ni le supplice du Christ, qui nous sauvent ! Bien sûr, ils participent à notre éveil et à notre compréhension de mystères fondamentaux : la miséricorde, la compassion, la mort et la résurrection… Mais, en toute justice, un seul sourire du “Christ-Dieu” suffit à nous sauver… Oui, un seul sourire de sa part – parce qu'Il est Dieu incarné – suffit à contrebalancer toutes les horreurs du monde que nous connaissons. Et son incarnation est déjà tellement plus qu'un sourire ! Elle est un acte d'une intensité INFINIE, d'une puissance INOUIE !
Pour bien nous faire entrer cette notion dans le cœur et l'esprit (3), Jésus Christ a tenu à se faire baptiser par Jean le Baptiste dans les eaux du Jourdain. Comme s'il fallait enfoncer le clou ! Ces eaux étaient alors polluées par le péché et la misère de tous ces hommes que Jean baptisait. Jean faisait de son baptême une sorte de nettoyage de l'âme, de l'esprit et du corps.
Jésus, Lui, n'avait rien à nettoyer, Il était pur, parfaitement innocent ! Il a voulu ce baptême pour nous manifester qu'Il prenait en “charge”, définitivement, tout le péché et toutes les atrocités commises par les hommes ! Dans nos temps apocalyptiques où la peur de la contagion est montée en épingle par les médias, nous devrions plus que jamais entendre ce message !
Il est parfaitement inutile d'aller chercher plus loin pour notre salut…
La preuve de cette réalité s'étale d'ailleurs tout au long de ses trois ans de ministère public en Palestine, après son baptême par Jean : n'a-t-Il pas cessé de “pardonner” les péchés des hommes avant même de guérir leur chair ? Et s'Il leur pardonnait, c'est bien parce que les portes du Royaume étaient déjà rouvertes, avant la croix ! Et tout l'Evangile n'est que l'annonce de cette “bonne nouvelle”.
Mais alors, pourquoi la croix et le supplice du Christ ?
C'est une toute autre histoire, un autre message.
Ils viennent nous démontrer le mystère de la miséricorde : à savoir que Dieu n'est pas indifférent à notre malheur. Même si, d'une certaine manière, Dieu – Infini – ne peut souffrir, même s'Il est toujours dans la joie et la béatitude la plus totale, Jésus Christ nous démontre par la croix que Dieu souffre de notre malheur !
Et là, sur ce plan, il peut arriver que Dieu demande à ses saints – c'est-à-dire des êtres parvenus à un état de conscience et d'intelligence suffisant pour répondre à l'invitation à l'amour – de prolonger cette manifestation jusqu'à nous (4)…
Comme St Paul, Padre Pio ou St François d'Assise qui ont été gratifiés des stigmates.
Comme les martyrs ou tous ceux qui pratiquent cette étrange gymnastique baptisée depuis Gandhi “non-violence” ! Il n'y a pas là de phénomène de RACHAT. Il n'y a que la démonstration grandeur nature de la qualité et de l'intensité de l'amour que l'on a pour l'autre, même s'il se place en “adversaire”. Pour qu'il puisse comprendre, se réveiller, découvrir cette dimension fantastique de l'amour !
Mais en même temps, pour les personnes qui vivent cela, leur souffrance est prise en charge par le Christ et devient jouissance, béatitude et gloire, de par son intensité même ! C'est encore un curieux mystère où la souffrance à son paroxysme devient plénitude de bonheur ! Et c'est très consolant… Je pense encore à ce témoignage bouleversant reçu récemment : une jeune fille américaine écrasée par un bulldozer israélien alors qu'elle s'opposait en toute conscience à la démolition gratuite de maisons palestiniennes en se couchant devant (5)…
Ces gens-là sont déjà dans la gloire et dans l'amour total avec Dieu ! Jésus Christ prend en charge leur souffrance ! Comme Il l'a fait une fois pour toutes sur la croix, en allant jusqu'au bout de l'horreur, en vivant au plus profond de son psychisme humain le sentiment d'abandon, d'écrasement, de déréliction !
La souffrance et les catastrophes communes
La souffrance et le malheur communs, que nous subissons quotidiennement, sont tout autre chose. Je parle ici des pathologies et des maladies, de toutes les petites misères que nous pouvons vivre chaque jour, comme des catastrophes qu'il nous arrive de subir.
Celles-la nous sont données parce que nous les demandons ! Oh, bien sûr, ces demandes ne sont pas conscientes ! Ce sont :
– des programmations inscrites dans notre cerveau
– une accumulation de stress non digérés au niveau de notre psyché,
– des jeux de pouvoir de l'ego,
– la résultante de la peur et du doute avec les blocages qui en découlent au niveau du sur-moi…
Dieu répond à nos demandes et permet ces misères et ces “secousses” dans le but de nous réveiller ! Et seulement de nous RÉVEILLER… Nous passons tellement de temps à digérer et à dormir, comment pourrions-nous répondre librement à son invitation à l'amour !? (Voir l’article “Les DORMEURS” de la revue 57 !).
Alors, quand donc allons-nous commencer à comprendre ?
Quand donc allons-nous enfin nous donner les moyens de devenir conscients et intelligents ? En jeûnant pendant la journée au moins, ou, mieux, plusieurs jours consécutifs… Non pas pour nous guérir (ce qui est un non sens évident sur le plan médical), mais pour nous ÉVEILLER ! Pour acquérir plus de conscience et d'intelligence !
Quand donc allons-nous cesser de demander catastrophes et malheurs ? Tout se passe comme si nous y sentions obligés…
Le doute et la peur sont comme des vers au cœur du merveilleux fruit que nous sommes… Et ils induisent sans cesse pour nous des catastrophes !
Les haines et les rancoeurs se sont accumulés dans notre âme, et nous ne parvenons pas à les digérer… Et par un cercle vicieux, elles induisent de nouvelles iniquités, de nouveaux scandales, de nouvelles persécutions !
Notre cerveau est rempli de programmes négatifs dont nous ne sommes guère conscients, la plupart du temps… Et ils induisent pour nous des situations négatives et dévalorisantes, des situations où nous avons l'impression de n'être que des troubles fêtes, des tuiles pour les autres !
Et le doute et la peur vis-à-vis des autres nous amènent à construire une instance psychique artificielle, une “personnalité”, pour mieux vampiriser l'amour de l'autre . Ce que l'on nomme le jeu de pouvoir ou l'ego (voir revue 57)…
Nous sommes bien mal partis avec tout ça…
Comment faire pour s’en sortir ?
Il nous faut sortir du cercle vicieux du malheur pour entrer dans la spirale de la béatitude.
Et c'est déjà un apprentissage à l'AMOUR OBLATIF DIVIN : cet amour non pas inconditionnel – qui, lui, se situe au niveau animal – mais conditionnel à la liberté de chacun… Cet amour qui se donne et qui accueille le don de l'autre. Cet amour qui respecte infiniment l'identité de l'autre comme nous sommes nous-mêmes infiniment respectés par Dieu.
Et c'est véritablement une SPIRALE vers le bonheur qui nous est proposée…
Pour accéder à cette spirale, il est indispensable de comprendre un certain nombre de choses :
En premier lieu, que nous sommes, tous les hommes, des chefs d'œuvres incontestables de la création, avec nos dimensions matérielle, énergétique, spirituelle et vitale ! Paracelse disait que l'homme est un microcosme dans le macrocosme, et il avait bien raison : l'homme résume tout l'univers créé et, de plus, porte en lui une image de Dieu, son esprit !
En second lieu, que cette splendeur est un don de chaque instant, de chaque milliardième de seconde. Si Dieu oubliait de nous créer et de nous donner cette splendeur une seule seconde, nous n'aurions jamais existé, ce serait le néant…
Et en troisième lieu que nous sommes bien mal partis !
– L'orgueil nous guette à chaque instant de notre vie : nous ne savons pas remercier de ce fabuleux cadeau d'être ce que nous sommes ! Et si Dieu se présente alors à nous, Il nous dérange et nous nous détournons… Ou bien nous le crucifions…
– Nous nous contentons bien trop souvent de petits bonheurs matériels et limités. Nous croyons détenir un territoire ici-bas, et nous nous y accrochons, lamentablement !
Et ce sentiment de propriété est si souvent menacé que ça génère des colères, des vexations, des humiliations… Ça nous rend malades ! À quoi donc nous serviront plus tard, après cette vie, tous ces petits bouts de territoires : richesses, maisons, terrains, propriétés intellectuelles, droits à ceci ou cela, exclusivité sur telle ou telle découverte ou telle ou telle fonction, conjoint ou ami ?
C’est l’histoire de Jésus et du jeune homme riche : “Va, vends tout ce que tu possèdes puis viens et suis-Moi !” Mais Jésus n’a pas de toit, pas même une pierre où reposer sa tête. Il n’est qu’un “va-nu-pieds !” Et son regard d’amour sur ce jeune homme n’a pas suffi à lui faire faire le pas décisif !
Entrer dans la spirale du bonheur
Nous ne devons pas nous résigner ! Il y a un moyen de nous sortir de là… Et trois images sont possibles pour comprendre la SPIRALE DU BONHEUR à laquelle nous sommes invités.
À chacun de choisir celle qui lui parle le mieux.
La première image est celle des sables mouvants…
Le doute et la peur, nos attachements terrestres, notre orgueil, sont comme des sables mouvants ! Et tous les hommes s'y trouvent pris et s'enfoncent jour après jour à moins que…
À moins qu'ils ne sachent APPELER À L'AIDE !
Et qui peut les sauver sinon Dieu lui-même, et plus particulièrement Jésus-Christ ? Le seul maître qui se soit présenté à nous comme étant Dieu depuis les origines des temps… Le seul maître qui ne nous ait pas proposé une fuite de cet univers (la fameuse “maya” ou illusion) comme Bouddha ou les divers grands yogis orientaux… Le seul maître qui ait parlé aussi clairement de l'amour oblatif divin et de la foi – par opposition au doute et à la peur ! Le seul maître qui ait passé sa vie terrestre à guérir les malades et les affligés de toutes sortes !
Il y a l'image de la maternité…
Une femme enceinte n'a pas perdu son identité. Elle est “pleine”, toute remplie de cet enfant qui vit en elle. Et sa vie est totalement transformée, transfigurée par cette présence… C'est comme si cet enfant lui transfusait de l'intérieur un sang nouveau, une vie plus pleine, plus dense, plus intense ! Elle devient alors “source” d'amour – pour son enfant et pour son environnement.
Accueillons Dieu en nous, au coeur de notre MOI profond d’essence spirituelle comme une femme enceinte accueille son enfant.
Notre MOI profond est “capable de Dieu”, c’est à dire qu’il peut contenir Dieu !
La troisième image est celle de la greffe.
En 1865, un minuscule puceron, le phylloxera, anéantit plus de la moitié du vignoble français, une catastrophe pour le pays ! Ce parasite avait été rapporté par les navigateurs avec de la vigne d’origine américaine. Une seule variété de vigne résistait à ce puceron, à cette époque où les pesticides n'existaient pas encore : la fameuse vigne américaine.
Mais replanter le vignoble de cette seule variété aurait été un coup d'arrêt définitif à la fabuleuse variété de vins qui fait encore aujourd'hui l'une des principales fiertés de notre pays !
Alors, les vignerons ont eu l'idée d'utiliser la greffe. Ils ont greffé sur cette variété américaine résistante toutes leurs variétés locales particulières… Et ça fonctionne encore aujourd'hui. Ce qui est incroyable, c'est que le pied diffuse partout, dans les divers sarments, une sève qui les rend résistants à ce puceron. Mais elle ne modifie en rien la spécificité de chaque sarment et de ses fruits. Là encore, nous sommes dans ce mécanisme de don et de respect de l'identité, propres à l'amour oblatif divin !
Il nous suffit de nous greffer sur Jésus-Christ, Dieu et Homme, pour que sa “sève” nous pénètre et nous donne la force de résister au doute et à la peur !
La SPIRALE du BONHEUR est simple à mettre en oeuvre :
Nous sommes dans le doute – Dieu nous offre la certitude, la foi,
Nous sommes dans la peur – Dieu nous offre la puissance et le courage,
Nous sommes limités – Dieu nous offre l'intelligence absolue…
Nous sommes dans le non-amour – Dieu nous comble de son amour.
Mais Dieu respecte notre liberté. Il ne nous donne tout cela QUE si nous le Lui demandons !
Et c'est bien là la clef essentielle de cette spirale du bonheur : la DEMANDE !
Dieu nous demande d'avoir la foi, d'avoir la puissance et le courage, d'être intelligents, d'avoir en nous cet amour oblatif divin… Et c'est Lui qui nous donne tout cela. Il nous suffit de le demander. Non pas comme un droit ou comme un dû, mais comme un cadeau ! Et cette demande même est déjà un geste d'amour oblatif divin. Elle est à la portée de chacun.
Cette demande, elle doit se faire si possible à genoux physiquement… Pour nous éviter d'oublier que nous sommes créatures et que tout est cadeau pour nous.
Cette demande, elle doit être faite en toute conscience… Il est donc essentiel d'être à jeun, et bien éveillés… Il est essentiel d'être centré sur son MOI profond pour qu'elle soit vraie ! En respirant avec le ventre, comme le petit bébé… C'est-à-dire en envoyant chaque bouffée d'air vers le ventre et le bassin…
Cette demande est en soi l'entrée dans la spirale du bonheur ! Répétée chaque jour, elle est chaque jour exaucée un peu plus. Et à mesure que nous entrons dans la foi et la certitude, dans la puissance, dans l'intelligence et dans l'amour, la présence de Dieu se fait plus forte en nous. Et nous accédons réellement, ici-bas, à ce Royaume promis par Jésus-Christ.
Par surcroît, si nous demandons de cette façon, nous accédons à notre potentiel de guérison, tant sur le plan psychique que physique ou spirituel…
Conclusion
Il y a, pour confirmer tout cela, cette très belle parabole de Thérèse de l'Enfant Jésus. Elle disait, par rapport à l'escalier redoutable de la Perfection, qu'il ne nous est pas demandé de le gravir… Mais simplement de mettre un pied sur la première marche pour manifester notre désir, notre DEMANDE ! Et dès que nous faisons cela, aussitôt, Dieu nous envoie l'ascenseur !
Cela rejoint la réponse faite à Marie lorsqu'elle demande à l'ange : “Comment cela va-t-il se faire puisque je suis vierge ?”. L'ange lui répond : “L'Esprit Saint viendra sur toi et la PUISSANCE du Très-Haut te prendra sous son ombre !”.
La spirale du bonheur, c'est cela même ! C'est simple, évident… Osons demander ! Dieu attend impatiemment cette demande de notre part ! Il souffre de notre indifférence, de notre fausse humilité – qui est en fait avilissement et masochisme de notre part. Dieu nous veut HEUREUX, dans l'amour et le Royaume, là, tout de suite.
Alain Scohy
(1) - La “mort - naissance”, même si elle garde un côté un
peu inquiétant, est d'abord et avant tout une invitation à un banquet, à une
fête fabuleuse et éternelle. Mais nous n'allons pas à une grande fête sans nous
préparer, nous vêtir d'habits adéquats… Et il en est de même ici. Nous devons
nous préparer à ce “passage” et à ce qui nous attend après cette vie ! C'est
pourquoi cette “mort – naissance”, comme un accouchement, peut survenir en son
temps, prématurément, ou après terme !
=> Si elle survient en son temps, nous disposerons alors de la plénitude de l'intensité, de la conscience et de l'intelligence. Et nous pourrons répondre vraiment LIBREMENT à cette invitation de Dieu. Et notre réponse – comme notre identité spécifique, distincte de celle de Dieu – sera éternellement respectée.
=> Elle peut survenir aussi après terme, sans doute, lorsque des préoccupations ici-bas nous aurons retenus au-delà du moment approprié.
=> Si elle survient prématurément, nous devrons encore vivre un temps de maturation et d'éveil dont nous ne savons pas grand-chose, hormis que nous y serons totalement passifs…
Il y aurait beaucoup à dire sur ce moment crucial… Ainsi, certains accouchements “présumés” prématurés peuvent être parfaitement à terme suite à une maturation accélérée en mode turbo, comme pour le bon larron, sur la croix à côté du Christ. C'est comme si le temps devenait élastique avant de disparaître, dans le Royaume !
(2) C'est surtout vrai pour l'église catholique. L'église orthodoxe est beaucoup plus centrée sur le mystère de la transfiguration et de la gloire du Christ. Mais il ne faut pas oublier que l'Eglise est en perpétuel "devenir"…
(3) Et notre cœur, comme celui des juifs à l'époque du Christ, est particulièrement dur et imperméable à la " rédemption ". La rédemption est en effet un véritable défi : qui va reconnaître l'évènement fabuleux de la naissance de Jésus, Fils de Dieu et Fils de l'Homme ? Quelques bergers - et puis des mages venus d'Orient. Les hommes intelligents de l'époque inventent alors le massacre des innocents ! 30 ans plus tard, lorsque Jésus se présente à la synagogue de Nazareth, il est accueilli comme un malfaiteur et ses compatriotes veulent le faire mourir, déjà. Les hommes ferment leur cœur et leur intelligence, incapable de prendre en compte les signes évidents que sont les miracles. D'une certaine manière, la rédemption dérange ! " Il est venu chez Lui, mais les siens ne l'ont pas reçu " (Prologue de l'évangile de St Jean)…
(4) Il se peut aussi que ce soit les saints qui réclament cette participation au mystère de la miséricorde, en réponse à l'amour oblatif et gratuit de Dieu ?
(5) Il s'agit de Rachel Corrie, 23 ans, étudiante, morte le 15 mars 2005, écrasée par un bulldozer israélien. Le conducteur l'avait vue… Je pense que cet homme doit "savoir" aujourd'hui ce que c'est que l'amour !
Il y a schématiquement trois grandes conceptions de la réalisation :
1) La conception orientale — taoïste, bouddhiste ou hindouiste.
Les religions ou philosophies dites “naturelles”.
Elle relève d’une conception du divin que l’on peut qualifier d’Immanence.
L’essence même de ce divin n’est pas très précisément défini : ESPRIT, ÉNERGIE, LUMIÈRE, MATIÈRE ? En effet, le divin est partout, omniprésent.
Les évènements et les objets matériels comme les individus sont des accidents illusoires et constituent la “maya” ou illusion.
Les sentiments (amour, peur, haine) sont des étapes dans le processus de réalisation mais non des finalités.
La finalité ultime est justement de dépasser toutes ces apparences et illusions pour retrouver l’essence divine présente en soi-même et se fondre dans l’immanence cosmique, universelle et divine. L’image de la goutte d’eau qui se fond dans l’océan est de cet ordre — bien qu’elle soit sans doute très simpliste.
L’essentiel du travail de réalisation (techniques de yoga, méditation ou autres) consiste à dépasser les caractéristiques individuelles propres, à maîtriser le mental, le souffle (la vie) et le corps, puis à lâcher-prise par rapport aux sentiments.
Ce travail entraîne des effets remarquablement positifs puisqu’il est possible de rejoindre une zone de quasi toute puissance sur l’énergie et la matière. Mais les maîtres orientaux insistent sur le caractère pervers et inopportun de l’utilisation de ces pouvoirs. Ils risquent de détourner le postulant de sa finalité ultime.
La réalisation en soi exige des purifications successives de plus en plus profondes pour quitter un à un les “obstacles – illusions” à la prise de conscience de l’essence profonde de l’être individuel. Ce travail exige de multiples réincarnations, comme si cette diminution vibratoire de notre énergie essentielle qu’est l’incarnation était un chemin initiatique incontournable.
2) Le New-Âge
& la mouvance du 3e Millénaire
Pour l’essentiel, cette mouvance relève de la même dynamique que les religions orientales, même si elle s’en défend et prétend pratiquer un syncrétisme, en incluant certaines informations des religions révélées.
Pour l’essentiel, l’homme s’y hisse au niveau du divin par ses propres forces et mérites et il acquiert ainsi la toute-puissance et l’immortalité. La recherche des pouvoirs dont nous parlions plus haut est très souvent une étape essentielle au processus, ne serait-ce que pour se rassurer et s’auto-congratuler. La drogue et la transe obtenue par n’importe quel moyen sont des marchepieds difficilement contournables.
Dans sa tentative de concilier les philosophies Orientales et les religions révélées, le New-Âge ne parle pas nettement de la perte de l’individualité de la créature face au divin. Il semble insister au contraire sur l’importance des réincarnations (le “karma” des Orientaux) et les mémoires des vies antérieures qui restent l’apanage de chaque créature. D’une certaine manière, la créature n’a pas la liberté de refuser le travail de réalisation, sauf à l’échelle momentanée d’une incarnation. Elle devra tôt ou tard s’y résoudre, inexorablement, et ses épreuves éventuelles du moment sont la conséquence directe de ses refus dans les vies antérieures.
L’amour y semble présent, mais il semble perdre sa liberté, sa saveur et son caractère sélectif : il est comme un automatisme inhérent à la réalisation. Il est assimilable à la lumière et à la sérénité qui envahit la créature au fur et à mesure de son approche du divin, le remplissant de bienveillance vis-à-vis des autres créatures tant incarnées que désincarnées. D’où la notion de “guides” très fréquemment évoquée en parlant des êtres supérieurs sur le plan de l’évolution, capable de nous accompagner dans notre travail de réalisation personnelle.
3) Les
religions révélées dites “surnaturelles”
Elles relèvent d’une philosophie qui n’exclut pas l’immanence. Le divin est omniprésent dans l’Univers, tant au niveau de l’Esprit, de l’Énergie que de la Matière.
Par contre, l’essence même de Dieu est entendue différemment. Dieu est une personne, il est à l’origine de notre création individuelle et il a l’initiative du dialogue avec ses créatures.
Le langage qu’Il utilise passe par l’évènementiel ou par le verbe.
En terre chrétienne, il y a distinction entre trois dimensions essentielles du Divin :
• L’ESPRIT qui occupe la place du Père … et peut grossièrement être comparé au Ciel,
• L’ÉNERGIE qui prend le nom d’Esprit Saint et fait le lien entre le Père et la Création.
• Le VERBE qui s’incarne et s’installe dans notre matérialité. Il prend le nom de Jésus et occupe la place du Fils dans la dialectique de la Trinité des religions chrétiennes.
Dans l’optique des religions révélées, la réalisation implique deux mouvements fondamentaux qui se rejoignent.
=> Le premier vient de ce Dieu qui se tourne vers la créature et l’invite à entrer dans la vision face à face. Cette invitation respecte totalement la liberté de la créature. C’est ce mouvement qui permet de comprendre la qualification de “surnaturelle” que l’on donne à ces religions. Dieu use de révélations et parle aux humains par l’intermédiaire des prophètes ou du Verbe Incarné.
=> Le second vient de la créature qui entend l’invitation et l’accepte, et pour se faire doit apprendre à demander, à dépendre, à se laisser faire et à se rendre transparent.
Toutes ces notions exigent des précisions.
La VISION FACE À FACE à laquelle la créature est invitée implique la persistance de son individualité face à celle de Dieu. Elle exige toutefois sa transformation radicale pour qu’elle puisse supporter le spectacle insoutenable de Dieu. Cette transformation n’est pas à la portée de la créature qui doit la demander à Dieu.
Il faut bien se rendre compte que, dans cette optique, Dieu est le créateur de l’Univers, qu’Il se situe donc à une autre échelle. Le spectacle d’une bombe atomique est infiniment ridicule pour nous permettre d’imaginer un peu l’intensité insoutenable pour nous du spectacle de Dieu. Dieu est le créateur des mondes – probablement imbriqués les uns dans les autres entre l’infiniment grand et l’infiniment petit comme des poupées russes…
Aucun travail humain ne pourrait permettre de se hisser à l’échelle de Dieu.
Dans la Bible, Moïse supplie Dieu de lui montrer sa Face. Dieu accède à sa demande mais en le prévenant : “Si je ne pose la main sur tes yeux, tu ne pourras pas supporter ce spectacle”.
Après ces rencontres, le visage de Moïse est tellement lumineux que son spectacle est insoutenable pour les israélites qui le supplient de se mettre la tête dans un sac lorsqu’il revient vers eux.
Cette vision face à face implique également un sentiment tout à fait particulier et essentiel : l’AMOUR. Il ne saurait y avoir le désir de cette vision sans amour, tant de Dieu envers sa créature que de la créature envers Dieu. Quelque chose qui est préfiguré par l’amour humain adulte dont nous avons déjà parlé : combien en effet le spectacle émerveillé de l’être aimé et le désir de se donner à lui instant après instant est essentiel dans cette relation d’amour !
D’une certaine manière, accéder à l’AMOUR devient donc le but ultime de la créature et représente une étape essentielle dans sa réalisation.
Ce Dieu créateur et surnaturel respecte infiniment la liberté de sa créature, nous l’avons dit déjà. Il n’interviendra dans sa vie que sur sa demande expresse, consciente ou inconsciente.
Il se pliera à toutes ses demandes en veillant simplement à ce que leurs réalisations ne puissent lui nuire.
Dans cette relation entre Dieu et la créature, il y a demande suppliante de chaque côté. Dieu supplie la créature de répondre à son invitation, la créature supplie Dieu de la faire entrer dans la vision face à face. Ce qui, là encore, implique la réalité d’un amour qui se doit d’être réciproque.
La créature ne peut se hisser à l’échelle de Dieu pour entrer dans la vision face à face. Elle ne peut que se laisser transformer, transfigurer, métamorphoser par Lui.
Il lui est demandé néanmoins un travail de transparence et d’amour. La transparence dont il s’agit n’a rien à voir avec celle dont parlent les religions orientales. Chez ces dernières, elle consiste à perdre toute individualité propre pour se fondre dans l’immanence divine.
Dans les religions surnaturelles, elle concerne des structures psychiques particulières et inopportunes qui contrarient la mise en évidence de l’individualité essentielle de la créature.
Ce sont ces structures particulières que j’ai nommées EGO et SUR-MOI
=> L’EGO, pour moi, est constitué par l’ensemble des scénarios et des personnages de théâtre que nous mettons en place dès notre plus tendre enfance dans le but de répondre à l’attente de nos parents et de notre entourage pour être aimés et acceptés. Ces personnages nous coupent de la réalité de notre MOI profond et, très souvent, nous la masquent. Nous jouons des rôles :
* le petit enfant bien sage tout d’abord,
* puis selon les besoins et les circonstances : le sauveur, le parent, la victime etc..
=> Le SUR-MOI serait, dans cette optique, la somme des peurs et des interdits (tabous) inculqués par nos parents et nos éducateurs, tant pendant l’enfance qu’une fois arrivés à l’âge adulte.
Ces structures psychiques artificielles sont à l’origine de comportements inadaptés et inopportuns qui masquent notre MOI profond — d’essence spirituelle — et nous enferment dans des limitations particulièrement préjudiciables. Nous ne pouvons être simultanément acteurs sur une scène de théâtre artificielle et présents dans l’ici et maintenant.
Nos peurs génèrent des demandes implicites qui nous permettent de rencontrer l’objet de ces peurs. Ainsi, Simon-Pierre marche sur les eaux à la suite de Jésus, mais s’enfonce et manque se noyer dès lors que sa peur redevient forte, recouvrant sa confiance en Jésus.
Le doute reste un obstacle majeur qui résulte directement du SUR-MOI.
Tout se passe comme si notre EGO et notre SUR-MOI ne cessaient de demander à Dieu :
=> la scène de théâtre indispensable pour l’un,
=> les limitations justifiant les peurs de l’autre.
Et Dieu accède à ces demandes pour autant que nous puissions en tirer leçon et en comprendre le sens profond. Là encore, Il respecte notre liberté.
Sitôt que notre EGO et notre SUR-MOI seront devenus transparents et surmontables, nous découvrirons la réalité de ce que j’ai nommé le MOI profond en nous et sa quasi toute-puissance à notre niveau de créature.
Nous avons ainsi accès au temps, à l’évènementiel, à la matière. Cet accès autorise tous les “miracles” et permet l’AMOUR (qui vient de ÂME en langage des oiseaux, non sans raison) indispensable pour répondre enfin à l’invitation de Dieu à entrer dans la Vision face à face.
À un niveau très prosaïque d’accompagnateur à la guérison ou de patient-thérapeute — notre capacité à guérir apparaît donc dépendante de ces peurs, s’opposant à la certitude absolue concernant notre potentiel objectif :
• Nous avons du mal à éradiquer de notre mental les peurs émanant du paradigme pastorien : mécanique de guerre, système immunitaire défensif, virus, microbes maléfiques, cellules cancéreuses malignes etc.…
• Nous avons du mal à reconnaître la réalité objective des microzymas et leur fabuleux potentiel de réparation et d’organisation, ainsi qu’à entrer dans le paradigme psychosomatique qui fait des pathologies non pas des processus maléfiques mais des bouées de sauvetage.
L’étude attentive des miracles qui se sont produits dans des lieux particuliers comme Lourdes ou au contact de personnages hors du commun — entrés dans cette transparence dont nous parlions plus haut — nous permet de comprendre à quel point notre potentiel est immense. En effet, les guérisons obtenues de façon instantanées laissent toujours une marque — une cicatrice. La même que celle que l’on aurait observée si la guérison s’était étalée dans le temps.
Je me souviens en particulier d’une personne qui présentait un énorme ulcère de la jambe, englobant les os, rempli de pus, de tissus nécrosés et d’esquilles d’os. La jambe s’est reconstituée intégralement, de façon intantanée, mais il persistait au milieu de la zone anciennement creusée un minuscule pertuis avec une petite croûte, mentionnés par les médecins qui avaient expertisé son cas avec la plus grande objectivité. Cet exemple prouve que le miracle relève d’une sortie de la dimension temporelle permettant la réalisation d’un processus de guérison classique en un instant.
Ce pouvoir semble à notre portée dans la mesure où nous sortons de nos peurs et de nos limitations. C'est-à-dire lorsque nous mettons à l’écart notre SUR-MOI.
La mise en transparence de l’EGO semble jouer sur une autre dimension de la réalisation. L’EGO met en avant des guignols sensés nous rendre aimables et acceptables aux yeux des autres. Mais ce processus est artificiel et masque la réalité de notre MOI profond. Ce n’est plus la créature qui est confrontée aux autres, à Dieu et au monde, mais un personnage de théâtre avec lequel l’individu tente de prendre le pouvoir sur l’autre. Cette dynamique de pouvoir exclut l’amour à double titre : l’amour est avant tout don de soi à l’autre et non prise de pouvoir sur lui et il n’est pas possible de donner ce que nous ne connaissons pas et n’habitons pas.
L’EGO comme le SUR-MOI s’opposent par leur existence et leur opacité à la découverte de notre MOI profond et à notre recentrage à ce niveau, dans notre ici et maintenant.
Il serait possible de disserter encore longtemps sur ces notions de MOI profond, d’EGO, de SUR-MOI, de MENTAL et d’ÂME… Le MOI profond — ESPRIT — vient probablement habiter le petit d’homme dans le ventre de sa mère au début du 4e mois de la grossesse. Il est difficile de savoir s’il est accompagné de l’ÂME — ÉNERGIE — à ce moment-là ou si cette dernière intervient plus tard, aux alentours de la naissance… Ou, qui sait, plus tôt ? Il semble en tout cas évident que la fonction de l’ÂME (telle que je l’entends) est avant tout de réceptionner les émotions et les stress, de les gérer au mieux et de générer les sentiments — dont le plus important est l’amour. Un peu comme si l’âme et sa pulsion primordiale vers l’amour était un moteur essentiel à notre travail de réalisation.

En ce qui me concerne, après avoir traversé des années durant l’hindouisme et le bouddhisme, je suis progressivement revenu vers mon christianisme d’origine. J’y ai trouvé non seulement mes finalités et mon épanouissement aujourd’hui sur mon chemin de réalisation personnelle, mais aussi des réponses concrètes et étonnamment précises aux questions existentielles que j’ai pu rencontrer. À trois reprises en particulier, ce Dieu auquel je crois profondément m’a manifesté de manière inoubliable et extraordinairement intense :
• Son amour total, démesuré, infiniment miséricordieux, bien loin de tout jugement ou condamnation pour chacun d’entre nous et moi en particulier,
• Sa tendresse à mon égard, qui se caractérise par une intensité incommensurable, seule capable de combler ma soif inextinguible.
• Ma liberté de refuser ou non d’entrer dans cette dynamique d’amour et de réalisation.
Les péripéties de ma vie ne m’ont pas permis de rester dans le giron de l’église catholique — du fait de son dogmatisme. Elles ne m’ont pas écarté de mon amour pour ce Dieu révélé des chrétiens. Et je suis aujourd’hui dans une quête permanente de la transparence dont je parlais plus haut quant à mon EGO et mon SUR-MOI.
Alain Scohy
La conscience fait
partie des attributs de Dieu … et de l'homme ! Elle est l'une des
caractéristiques de l'amour auquel l'homme est invité. Bien au-delà de l'amour
inconditionnel de la maman pour son bébé ou de l'animal domestique pour son
maître.
Sur le plan grammatical, la conscience se décline au verbe avoir comme au verbe être… Nous pouvons avoir conscience de quelque chose, ou bien être conscient… Bien sûr, "avoir" est précédé de "prendre". À la limite, nous pourrions dire, au lieu de "avoir conscience" : "prendre conscience".
Avoir conscience est forcément limitatif. Ça ne peut concerner qu'une fraction de la vie ou de l'univers.
Être conscient s'ouvre vers l'infini. Mais il y a conscience et conscience…
Comment le comprendre et entrer dans la profondeur de la conscience ?
À un premier niveau, la conscience est le contraire du coma… Elle s'oppose également au sommeil, même si nous pouvons être capables d'une certaine conscience pendant nos rêves et nous en souvenir ; même si notre cerveau peut nous réveiller en cas de danger (ainsi, une odeur de fumée nous réveillera la nuit – parce qu'il y a bien, parmi nos ancêtres, quelqu'un qui a été confronté à un incendie).
Au niveau supérieur, la conscience est un état d'éveil. Cet état peut être plus ou moins marqué.
Une image forte me revient souvent : pendant mon séjour en prison en avril 2002, enfermé dans le béton, la crasse et les barbelés, j'avais quand même la lumière du jour dans la cellule. J'apercevais par ailleurs le sommet de quelques arbres au-dessus des murs et des miradors pendant les promenades dans la cour… De plus, cette cour de béton et de bitume était égayée par quelques “mauvaises” herbes qui avaient réussi à pousser ici et là, dans quelques encoignures… Au milieu des ordures que les prisonniers jetaient depuis les fenêtres de leurs cellules, quelques fleurs de myosotis avaient réussi à s'épanouir ! Et cela me remplissait de joie. C'était de la vie dans un cimetière de vivants !
Et lorsque je suis
sorti, le soir du 6e jour, je demandais à ma secrétaire, venue me chercher, de
rouler tout doucement pour goûter la splendeur de la nature que nous
traversions. Et croyez-moi, la conscience était là, vraiment, avec une intensité
rare.
À l'inverse, il est clair que nous sommes la plupart du temps dans une demi-inconscience.
Le citadin, entre son boulot, les transports, la vie familiale si monotone le soir et la nuit… L'habitude est une source d'inconscience considérable.
Le paysan qui fait bien souvent son travail de manière machinale, automatique, en suivant les programmes proposés par les marchands de chimie…
Et plus encore les enfants de nos jours qui vivent en grande partie dans un monde virtuel – télévision, game-boy ou play-station – et subissent l'école comme une corvée inéluctable sans entrer dans la dynamique de la découverte. Il n'y a qu'à observer nos enfants en voiture… La beauté de la nature que nous pouvons traverser les laisse totalement indifférents. Si nous ne parvenons pas à leur proposer un but qui soit motivant pour eux, ils vivront de même les promenades en forêt comme des corvées.
La conscience implique l'émerveillance.
Comment pourrait-on s'émerveiller dans les tunnels du métro, les images de synthèse de la télé, l'éducation actuelle qui n'est la plupart du temps qu'un remplissage du cerveau avec des données – vides de sens pour ces enfants d'aujourd'hui ?
Bien sûr, il est bien rare que l'on soit seul dans le métro et il y a toujours un visage humain à contempler. Comment ne pas s'émerveiller devant la splendeur d'un visage humain ? Un regard, un sourire peuvent éveiller notre enthousiasme.
Il y a aussi un obstacle majeur à cette conscience : la digestion !
Nous l'avions vu dans un précédent numéro, la digestion implique une sorte de capture du sang vers l'appareil digestif, au détriment du cerveau… La digestion implique donc une somnolence plus ou moins profonde.
C'est d'ailleurs pourquoi le jeûne, s'il ne doit pas être utilisé pendant la phase de maladie – contrairement aux dires de bien des naturopathes – est essentiel pour entrer en conscience et y rester. Et s'il est bon de s'offrir de temps à autre quelques jours de jeûne, il est meilleur encore de modifier notre rythme de vie en ne mangeant que le soir pour rester le plus possible en conscience tout au long de la journée.
C'est l'abondance de nourriture qui est, de toute évidence, à l'origine du déclin des civilisations passées, et nous sommes en plein dans ce processus, aujourd'hui, dans les pays riches.
Le travail que nous faisons en psychosomatique – avec la Médecine Nouvelle du Dr Hamer – implique de toute évidence une “prise de conscience” de nos mécanismes de fonctionnement. Nous pouvons découvrir ainsi les traumatismes que nous avions censurés et qui sont à l'origine de nos pathologies : les fameuses bouées de sauvetage. Nous pouvons découvrir les programmations inscrites à notre insu dans notre cerveau par nos parents, au moment de notre conception et pendant toute la période de la grossesse et des dix huit premiers mois de notre vie. Nous pouvons décider de vivre autrement qu'une boule de pétanque qui continue dans le sens impulsé par nos parents ! Et pour cela, bien sûr, la prise de conscience est obligatoire. Mais pas seulement ! Il nous faut encore choisir une autre direction, offrir au “pilote automatique” qu'est notre cerveau une feuille de route qui nous convienne. En prenant bien conscience que nous avons demandé – à notre insu – la plupart des malheurs qui ont jalonné notre vie.
Dans le même sens, nous devons éviter comme la peste tous les “voyants” ou autres “gourous” qui induisent plus ou moins à notre insu de nouvelles mésaventures.
La vie, nous la subissons la plupart du temps ! Hormis les temps où nous sommes amoureux ou lorsque nous débutons une nouvelle activité. C'est à se demander s'il ne serait pas bon que nous passions tous quelques jours par an en prison, pour retrouver le sens de l'émerveillance ! Comme si nous faisions une retraite spirituelle… Oh bien sûr, un jeûne pourrait faire l'affaire, et nous en serions sans doute beaucoup moins traumatisés ! J'ai quand même développé 4 pathologies plus ou moins lourdes à l'occasion de mes 6 jours en prison…
La conscience rime de toute évidence avec l'émerveillance. Et nous avons tellement à nous émerveiller, jour après jour ! La nature est si belle ! L'abondance dans laquelle nous vivons est un véritable cadeau – et nous ne savons plus remercier, nous l'acceptons comme un dû. Le spectacle d'un visage humain est un tel cadeau, une telle splendeur !
Écoutons encore Maurice ZUNDEL :
L'homme est né sans l'avoir voulu.
Il n'a pas choisi son milieu,
Il n'a pas choisi ses parents,
Il n'a pas choisi son hérédité,
Il n'a pas choisi son sexe,
Il n'a pas choisi son époque.
Il est donc pré-fabriqué !
Des pieds à la tête, il n'y a rien
qui tienne de lui.
Et pourtant, tout d'un coup,
jaillit la conscience de son inviolabilité :
il y a un domaine où personne ne peut pénétrer sans son consentement.
Pourquoi ne pas reconnaître
dans l'apparition de l'homme
la naissance de l'âge de raison
dans un monde encore embryonnaire qui va passer d'un ordre de phénomènes
qu'il subit à un ordre de valeurs qu'il crée ?
Peu à peu, les déterminismes biologiques cessent de nous porter.
Nous avons à nous prendre en charge,
à décider du sens de nos actions
et à fonder sur un choix
nos rapports avec les autres.
Cette sorte de rupture avec la biologie
qui nous tient en suspens,
entre un passé que nous avons subi
et un avenir qu'il nous faut inventer,
est-ce la menace d'un gouffre
ou la chance d'un Himalaya ?
Un abîme d'en-bas ou un abîme d'en-haut ?
Le prélude d'une aventure créatrice ou la probabilité d'une entière destruction ?
Maurice Zundel résume bien cette problématique de la conscience. Il va plus loin encore. Bien au-delà de la prise de conscience de nos mécanismes de pilotage automatique, il explique qu'il nous faut construire l'homme de demain. Nous sommes en gestation de cet homme en nous qui pourra ressusciter dans le Royaume, c'est-à-dire après cette vie présente.
De même que le bébé, dans le ventre de sa mère, construit ce qu'il sera à sa naissance et laisse de côté – au moment de cette mort-naissance – un partie de lui-même, en l'occurrence le placenta, de même, nous devons nous préparer à la mort-naissance qui nous est promise tôt ou tard…
Construire l'homme CONSCIENT, capable d'AMOUR, totalement respectueux de l'autre. Et cela ne pourra se faire que par notre installation dans la conscience de chaque seconde qui passe, au présent de notre vie. Dans l'émerveillance de tout ce qui nous est donné, avec toute la gratitude qui devient “évidence” alors.
De même que nous pouvons modifier la feuille de route confiée à notre cerveau par nos parents, nous pouvons modifier la date de notre mort-naissance selon notre bon vouloir, pour éviter de partir trop tôt, avant d'avoir fini… Une date de mort qui n'est qu'une simple programmation en provenance de notre généalogie, et non point la volonté de Dieu. Son désir n'est pas que nous partions précocement. Il ne veut pas non plus notre dégénérescence : les textes sacrés en provenance de la Bible ou d'autres traditions mentionnent tous des durées de vie de 500 à 1000 ans. Pourquoi donc nous priver puisque nous savons aujourd'hui nos besoins en vitamine C pour éviter le vieillissement ?
Mais attention, à quoi bon vivre si ce n'est pas pour nous émerveiller jour après jour : de l'air que nous respirons, de la vie qui nous anime, de l'univers qui nous entoure, de l'amour qui est pour nous le sel de la vie ?
Entrons dans la conscience. Vivons-là au quotidien, au présent de l'instant que nous respirons !
Apprenons à nous émerveiller de tout ce qui peut être source d'émerveillance pour nous !
Donnons-nous les moyens de cette émerveillance, en évitant à tout jamais d'être blasés de tout et de rien !
Ouvrons nos yeux sur un monde d'amour et de bienveillance…
Comme ce texte qui courait un temps sur Internet et que j'ai effacé trop tôt ou caché dans quelque coin de mon ordinateur et que je résume maladroitement ainsi :
Un oasis dans une région désertique, à proximité d'une ville. Un vieillard se tient assis sous un arbre, non loin de l'entrée d'une ville. Arrive un premier voyageur, manifestement désireux d'entrer dans la ville. Il demande au vieillard :
– Les gens sont-ils ici comme ceux de la ville d'où je viens : méchants, envieux, jaloux, hargneux ?
– Oui, absolument. Tu trouveras dans cette ville tous ces défauts dont tu as peur...
Le voyageur s'éloigne en maugréant et évite soigneusement d'entrer dans la ville.
Arrive un peu plus tard un second voyageur qui lui demande :
– Les gens de cette ville sont-ils comme ceux de la ville d'où je viens : aimables, affables, souriants, serviables ?
– Oui, absolument, lui répond le vieillard. Tu trouveras dans cette ville des habitants qui sont tous aimables, affables, souriants et serviables, tu peux donc y entrer sans crainte.
Un homme qui faisait boire ses chameaux à proximité et avait tout entendu s'approche alors du vieillard et lui demande :
– Comment se fait-il que tu dises à ces deux hommes tout le contraire, concernant les habitants de la ville ?
– Parce qu'il en est ainsi. Chacun trouve dans sa vie ce qu'il en attend.
Alain Scohy